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Teahupoo

Les communes associées

Vairao (2890 habitants)

Vairao, chef-lieu de la commune de Taiarapu-Ouest, est un village paisible situé à la presqu’île de Tahiti, dont le lagon est très poissonneux. C’est ici que les grandes décisions concernant la vie de la commune sont prises.
Anciennement Fareaito, Papeuru ou Vaiuru. Personne n’est d’accord sur le sens de Vaiuru ou Vairao. Pour Teuira Henry et Vonnick Bodin, Vaiuru signifierait « enchantée » ; Vairao pourrait, d’après ces auteures signifier soit « maintenant et reste là », soit « eau des mouches » c’est-à-dire des petites gens ou lieu où l’on fait des offrandes. D’autres encore avancent que Vairao signifie « lieu d’abondance ». Une autre explication a été donnée à Corinne Mc Kittrick par une habitante des lieux ; Vairao serait la contraction de « Vaira’a’omore », nom que le district aurait pris après que Vehiatua eût refusé de combattre le aito du district voisin ; en signe de refus il aurait planté sa lance dans le sol, événement qui aurait donné son nom au district. Le chef de Vairao était Moeterauri et son grand chef était Teahahurifenua et les chefs secondaires étaient Vairora et Vivirau. On trouve à Vairao nombre de références aux légendes, qu’il s’agisse des marques laissées par des exploits de Maui ou de Puhi. Vairao commençait à Vavi pour finir à Riri, mais aujourd’hui, ce district commence à Taiariari.
Autrefois, entre Teahupoo et Vairao se trouvait le district Mataoae. Le grand chef était Moeterauri et les chefs secondaires Tanerai, Taneturenua et Tutea. Ce district que l’on qualifiait de Mata’o’ae nui ia aifenua, avait la réputation de voleur de terres parce que sa population était connue pour déplacer les limites de terres et ainsi s’approprier des terres, comme Pueu. Il se situait entre Taiariari et Vavi. Aujourd’hui Mataoae constitue une subdivision de Vairao, chef-lieu de la commune de Taiarapu-Ouest.

Toahotu (3769 habitants)

Toahotu se situe à l’entrée de la commune de Taiarapu-Ouest. Elle possède des chemins de randonnées propices à la découverte des fonds de vallées verdoyants de notre district.

Contrairement à ses voisins, il semble que Toahotu n’ait pas vu son nom altéré au cours des siècles derniers ; on ne trouve pas d’autre appellation dans les diverses sources étudiées. D’après Vonnick Bodin, le sens de ce toponyme pourrait être « lieu où les guerriers se multiplient par naissance », tandis que d’autres y voient une référence au récif de ce district. Tous s’accordent cependant sur la mauvaise réputation que Toahotu partageait avec Mataoae. On disait de lui que c’était un territoire mauvais, où l’on pratiquait la magie noire et les sacrifices ; En 2011, les allusions à cette réputation sont fréquentes dans les discussions et se retrouvent dans certains noms d’associations. Le grand chef était Moeterauri, comme à Mataoae, dont il dépendait, et les chefs secondaires Tanerai et Tutea. Si Toahotu ne semble pas avoir retenu beaucoup l’attention à certaines périodes – sur des cartes et des documents administratifs de 1939 et 1961, son nom n’apparaît pas – aujourd’hui Toahotu constitue avec Vairao et Teahupoo une commune associée de Taiarapu-Ouest.

Teahupoo (1419 habitants)

Teahupoo est la commune du bout de l’île bien connue des surfeurs qui sont nombreux chaque année à venir défier la vague mythique du spot international de Hava’e. Un mastodonte d’eau majestueux qui d’une force divine se brise sur un récif corallien faisant face à un relief montagneux des plus impressionnants.

Teahupoo s’appelait autrefois Teahuupoo ou Matahihae. Son grand chef était Teariinavahoroa ou Vehiatuaione et le chef secondaire était Teatuanuihaamarurai. Plusieurs significations ont été données ; Teuira Henry raconte que Teahupoo tire son nom d’un mur de têtes, fait de toutes les victimes d’une bataille entre les districts Nord et Sud de Taiarapu. Cette bataille aurait eu lieu en raison d’une contestation au sujet de la frontière séparant Tautira de Matahihae. Pour d’autres, l’origine est à rechercher dans la mort de Moeterauri tué par Vehiatua qui aurait mangé sa cervelle en raclant le crâne de son ennemi. Les anciennes subdivisions de Teahuupoo étaient tout d’abord Tahitiea et Apuaa dirigées par Fareatae ; Tuaiva et Atipou dirigées par Tetumanuatefatu. Il y avait ensuite Mamareva (avec deux subdivisions, Atitautoraro et Atitautoroto) sous le pouvoir de Tetumanuatefau et Atipou. Enfin Rahero (comprenant les trois subdivisions dites Atitamatea, Hotutuaana et Hotuteina) que gérait Tetumanuatefatu. Depuis 1863, Teahupoo va de Rapae à Taiariari.

En conclusion, rappelons que la presqu’île n’a pas toujours constitué l’unité administrative que nous connaissons aujourd’hui et que ses frontières ont évolué au gré des conquêtes et des défaites. Les noms qui lui ont été attribués au cours des siècles sont autant de repères dans son histoire transmise oralement de génération en génération.
Si la loi de 1971 a fixé les limites administratives actuelles, notons que, pour la population, perdurent des limites et des appellations transmises depuis des générations et qui défient les réalités administratives ; à titre d’exemple, un habitant de la « commune » de Tautira se dira de Ahui s’il habite sur l’ancien district du même nom. Un autre se dira « de Vairao » même si le lieu dont il est originaire n’est plus à Vairao mais appartient désormais à Toahotu – la mairie de Toahotu se situe sur un lieu qui autrefois était à l’intérieur de Vairao.
Par ailleurs, pour des raisons « modernes » et financières, certaines limites sont contestées, des ajustements sont demandés afin de ne pas faire peser des charges publiques sur telle commune alors qu’une autre est bénéficiaire de ces services. Ainsi, rien ne nous empêche de penser que Taiarapu nui n’a pas encore de « visage » définitif car il n’a pas fini de se transformer.

(Source : De Hiti Iti à Taiarapu en passant par la Presqu’île (Doctoriales 2011 – Assemblée de la Polynésie française), Josiane Di Giorgio-Teamotuaitau (Doctorante), Serge Dunis (Directeur de thèse), Laboratoire EAST Sociétés Traditionnelles du Pacifique : fondements culturels, histoire et représentations)

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